“L’autorité expliquée aux parents” de Claude Halmos Edition : Le livre de Poche 2008

Ce livre est le résultat d’un long entretien entre Claude Halmos, psychanalyste spécialiste de l’enfance, et Hélène Mathieu.

Il explique l’importance que Claude Halmos donne à l‘autorité que doivent exercer les parents auprès de leurs enfants pour les aider à grandir et à se socialiser.

Reprenant ce point méconnu de Françoise Dolto, elle rappelle que respecter son enfant c’est évidemment le considérer comme un individu à part entière. Mais c’est aussi comprendre que c’est un individu  en construction qui a besoin de l’adulte pour le guider en lui apprenant les règles du vivre ensemble. Françoise Dolto utilisera le terme d’humanisation. Claude Halmos lui préférera le terme de civilisation de l’enfant.

Pour Claude Halmos, éduquer c’est transmettre des règles de vie que tout le monde doit respecter et faire en sorte que son enfant les respecte.  Le rapport à la Loi, celle qui régit tous les Hommes est essentiel. est L’apprentissage de ces règles est la condition sinéquanone pour vivre heureux avec les autres et être heureux.

Pour la psychanalyste, l’amour pour son enfant est primordial mais pas suffisant. Cela ne peut pas être le seul lien à l’enfant. Ce serait une erreur que de considérer que les sentiments sont le seul idéal parental.Les liens d’éducation, de transmission sont tout aussi importants.

D’un point de vue analytique, Françoise Dolto parle  d’humanisation plutôt que sociabilisation ou civilisation: les enfants tout petits, sont des êtres “sauvages” qui sont régis par le principe de plaisir uniquement, centré sur eux même. C’est le rôle des parents que de leur apprendre progressivement à se tourner vers les autres: l’humain vivant en société a besoin pour être bien avec lui même, d’être  bien avec les autres.

De ce principe de plaisir autocentré, le parent va lui faire comprendre le principe de réalité(attendre, être gentil avec les autres, ne pas taper pour obtenir quelque chose etc..). C’est en apprenant à être bien avec les autres , qu’on apprend à se décentrer.

L’autorité est donc pour Halmos, comme pour Dolto, une libération par rapport au pulsionnel (tout, tout de suite par n’importe quel moyen ) qui le régissait jusqu’à lors et qu’il va apprendre à contourner,  par la mise en place de règles claires et justes énoncées par ces parents.

Pour Claude Halmos, faire preuve d’autorité, ce n’est pas brider, c’est aimer et respecter son enfant. C’est  donner des interdits en les lui expliquant, donner des limites que l’enfant va progressivement faire siennes si biensûr  celles ci sont justes et données dans la bienveillance. Car l’enfant ne se soumet pas à l’adulte comme cela peut être le cas dans des éducations trop sévères ou autoritaires. Il ne se soumet pas à l’adulte mais à la règle, à la Loi: ce qui fait tout la différence. L’adulte n’étant alors que le transmetteur et non le Maître suprême omnipotent.

Les grands principes de la civilisation d’un enfant sont pour Claude Halmos:

1er principe : On peut tout penser mais on ne peut pas tout faire , tout dire.

2ème principe : On ne peut pas tout avoir ( apprentissage de la frustration)

3ème principe : La sexualité a des règles :

  1. Elle est interdite entre enfant et adulte et au sein d’un même famille
  2. Elle ne peut exister qu’entre partenaire consentant
  3. Elle est toujours du domaine privé, jamais du domaine public

4ème principe: Si on veut réussir ce que l’on entreprend, il ya forcément des efforts à fournir

Ces grands principes n’ont de valeur que s’ils sont expliqués, répétés, et maintenus.

Autre point important évoqué par Claude Halmos est que la mise en place de limites permet aux enfants de se rassurer, d’avoir des bases sur lesquelles s’appuyer, un cadre à ne pas franchir. Sans limite, l’enfant est en perpétuelle recherche du cadre. Pour la psychanalyste, moins vous imposez de règles,plus les enfants vont chercher jusqu’où ils peuvent aller. En insatisfaction permanente, angoissés par ce vide qui les entoure,  ils en voudront toujours plus.

Les limites permettent aussi aux enfants de prendre en compte les commandes du corps. Certains enfants ne tiennent pas en place car rien autour d’eux n’est en place.il n’y a pas de cadre: Tout est flou. Rien n’est clair.  Il est primordial de donner à l’enfant une place pour qu’il ne prenne pas toute la place.

La place de l’enfant par rapport à l’adulte: c’est l’adulte qui commande.

La place de l’enfant dans la famille: une place mais pas toute la place.

La place de  l’enfant par rapport à l’interdit de l’inceste dans la famille : pas de jeux sexuels dans la fratrie et pas la place dans le lit des parents

Pour Claude Halmos, faire preuve d’autorité:

  • C’est donner des règles justes et bienveillantes
  • Exiger qu’elles soient respectées
  • Sanctionner si ce n’est pas le cas

“Ce qui s’impose à l’enfant c’est le sentiment de légitimité qui habite le parent au moment où il demande quelque chose. Ce sentiment est lié à la certitude que ce qu’il exige est juste; et non seulement juste mais essentiel pour son développement et son accès à la civilisation.” (Claude Halmos)

                    Elsa BONIN

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